À l’occasion de l’ouverture de cette nouvelle licence, le recteur de l’académie de Besançon, Pierre Moya, est venu à la rencontre des étudiants de la LPE. Il leur a présenté les grandes lignes de cette nouvelle formation, avant de poursuivre dans l’amphithéâtre de l’INSPÉ par un temps d’échange avec les étudiants.
Former plus tôt, mais aussi former davantage et mieux : c’est le cap fixé par la réforme de la formation initiale des enseignants mise en œuvre à cette rentrée. Désormais, le concours de recrutement des professeurs des écoles est accessible à l’issue de la troisième année de licence. Pour accompagner cette nouvelle voie d’accès au métier, une licence professorat des écoles (LPE) est créée, avec l’ambition de préparer progressivement les étudiants aux exigences du métier.
Le parcours se poursuit ensuite en master métiers de l’enseignement et de l’éducation (M2E), jusqu’à l’obtention d’un diplôme de master. Dès la première année de master, les futurs enseignants entrent progressivement dans la réalité professionnelle en tant qu’élèves fonctionnaires, avec des stages de pratique accompagnée et une rémunération de 1 400 euros mensuels. En deuxième année, devenus fonctionnaires stagiaires, ils exercent à mi-temps devant élèves et perçoivent 1 800 euros par mois.
"L’ambition est claire : recruter plus tôt, mais former davantage et mieux, jusqu’à l’obtention d’un diplôme de master", résume Pierre Moya, le recteur de l’académie de Besançon.
Une licence pensée avec l’employeur
Dans l’académie de Besançon, la mise en œuvre de cette réforme repose sur un lien particulièrement étroit entre l’INSPÉ et le rectorat, qui ne se limite pas à une coopération ponctuelle mais irrigue le pilotage, la construction des formations et l’accompagnement des futurs enseignants.
Cette collaboration, déjà ancienne, a notamment contribué aux bons résultats obtenus aux concours de recrutement des professeurs des écoles : lors des trois dernières sessions, entre 65 et 70 % des lauréats étaient issus de la filière MEEF. Un résultat qui témoigne, selon le recteur, d’une préparation fondée sur des attendus partagés, mais aussi sur "une confiance mutuelle et un dialogue constant".
La réforme conduit aujourd’hui à approfondir encore cette organisation. La convention signée entre le rectorat et l’INSPÉ vient ainsi formaliser et conforter cette coopération, avec une représentation croisée dans les instances de gouvernance, des responsabilités partagées et des instances communes de pilotage.
Un directoire, co-présidé par le recteur et le président de l’université Marie et Louis Pasteur, un comité de coordination académique et une commission académique permettent notamment de suivre la mise en œuvre de la réforme et d’adapter les modalités de formation aux différents profils des futurs enseignants.
Du campus à la classe, une formation construite ensemble
Cette coopération se traduit également très concrètement dans les contenus de formation. Des groupes de travail réunissant les équipes de l’INSPÉ et du rectorat ont élaboré les maquettes en cherchant à articuler formation universitaire, stages et évaluation, avec une approche mêlant maîtrise des savoirs et compétences pour les enseigner.
Pour le premier degré, ce travail commun a permis de construire un dispositif d’alternance spécifique, associant stage filé et stages massés. Les futurs professeurs des écoles peuvent ainsi multiplier les expériences en situation professionnelle et confronter progressivement les apports de la formation aux réalités de la classe.
Cette articulation entre l’université et le terrain constitue l’un des marqueurs de l’organisation mise en place dans l’académie. Elle repose notamment sur la présence, au sein de l’INSPÉ, de personnels issus du rectorat et des corps d’inspection, ainsi que sur le maintien d’un professeur des écoles maître formateur (PEMF) coordonnateur.
L’objectif est double : faire de chaque temps passé à l’INSPÉ comme à l’école un véritable temps de formation professionnelle et préparer les futurs enseignants à une entrée dans le métier progressive et accompagnée.
Une réforme qui se construit au plus près du métier
La rentrée 2026 marque donc à la fois l’ouverture d’une nouvelle voie de formation avec la LPE et une nouvelle étape dans la coopération entre l’INSPÉ et le rectorat. Dans un contexte où plusieurs générations de lauréats et différents statuts vont encore coexister en 2026 et 2027, cette organisation doit permettre d’adapter la formation aux parcours de chacun.
Le choix d’associer également les étudiants non lauréats du concours à la formation universitaire et aux stages participe de cette même logique : leur permettre de poursuivre leur préparation dans de bonnes conditions et, le cas échéant, de constituer un vivier de futurs enseignants déjà formés.
En favorisant encore davantage la perméabilité entre l’école et l’université, l’académie de Besançon entend donner tout son sens à la réforme : mieux préparer celles et ceux qui feront demain la classe, pour faire progresser tous les élèves et faire vivre les valeurs de la République. Une ambition pleinement inscrite dans l’académie "durablement engagée".
Mise à jour : septembre 2026




