Prévention des violences et du harcèlement en milieu scolaire

Les campagnes nationales de sensibilisation sur le harcèlement scolaire permettent de communiquer en direction des familles et des équipes éducatives.

Le harcèlement scolaire est un phénomène qui touche un élève sur dix en France, avec les conséquences potentielles que chacun connaît : mal-être, baisse des résultats scolaires, démotivation, décrochage.

Il s’agit, le plus souvent, de phénomènes de micro-violences répétées d’un ou plusieurs élèves envers un élève perçu comme vulnérable, différent.

Qu’est ce que le harcèlement scolaire ?

Le harcèlement scolaire est un phénomène de groupe qui peut prendre des formes très variées impliquant :

  • des élèves auteurs, conduits par une volonté de domination au sein du groupe d’élève qui les poussent à la cruauté quotidienne et banalisée d’un élève plus fragile,
  • un élève victime, en général seul et présentant des fragilités comportementales l’empêchant de faire face aux agressions et développant ainsi une mauvaise estime de lui-même et parfois des pathologies quand la situation perdure,
  • des élèves spectateurs, plus ou moins passifs ou honteux mais que la loi du silence trop souvent respectée conduit à adopter des attitudes non citoyennes.

Les agressions quotidiennes, souvent discrètes et cachées aux adultes ou insignifiantes quand elles sont considérées individuellement, rendent le diagnostic difficile par les adultes qui doivent pouvoir croiser les informations diverses pour révéler la situation.

La remédiation ne peut se limiter à prononcer des sanctions pour les élèves harceleurs, même si elles sont nécessaires, ou pour l’élève harcelé qui parfois se rebelle dans un accès de colère incontrôlé contre ses agresseurs, car l’ensemble des protagonistes de ces phénomènes de groupe, victimes, auteurs et spectateurs, doivent pouvoir bénéficier d’un effort éducatif spécifique si l’on veut pouvoir changer les comportements définitivement.

Un réseau de référents académiques et départementaux

Un réseau de référents "harcèlement" est réparti sur l’ensemble des départements de l’académie. Les référents ont pour mission d’aider à la prise en charge des situations de harcèlement scolaire. Ces référents sont déclarés à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) car ils ont connaissance de données personnelles sur les élèves et leur famille, leur nombre est donc encadré par la loi.

Leur rôle est de gérer la prise en charge de situations de harcèlement dont ils ont eu connaissance par le numéro national "Non au harcèlement", le 3020, et par l’ensemble des relais locaux (numéro académique, courrier, courriel….). Ils accompagnent alors la famille et aident l’établissement scolaire à résoudre la situation de harcèlement scolaire.

Ce ne sont pas les seuls personnels à s’investir dans la prévention des violences en milieu scolaire et la lutte contre le harcèlement : les équipes pédagogiques et éducatives, les chefs d’établissements, directeurs d’écoles, les conseillers techniques médico-sociaux, les psychologues scolaires, les médecins scolaires, les conseillers techniques du recteur, les inspecteurs de l’Éducation nationale, l’équipe mobile de sécurité sont tous mobilisés sur cette thématique.

Un concours : "Prix non au harcèlement"

Ce concours est, pour les établissements et les écoles, l’occasion de mener une campagne de sensibilisation, de prévention des micro-violences. Il permet de donner la parole aux élèves des écoles, collèges, lycées et structures péri et extrascolaires afin qu’ils s’expriment collectivement sur le harcèlement à travers la création d’une affiche ou d’une vidéo, qui servira de support de communication dans leur établissement.
Un jury académique sélectionne le meilleur projet de chaque tranche d’âge, chaque catégorie pour le jury national et remet également un prix "coup de cœur", récompensé par la MAE.
Un jury national récompense un lauréat par tranche d’âge et support.

En savoir plus - MENJS

pHARe | Programme de lutte contre le harcèlement à l'école

Le harcèlement est un comportement fréquent mais regrettable dans nos sociétés. Il l’est d’autant plus lorsque les victimes sont des jeunes, en milieu scolaire. Il met en effet en péril, en plus de la qualité de vie,  la poursuite de la scolarité et l’acquisition des compétences qui permettent d’être un adulte serein. Si la personne harcelée est évidemment la plus à plaindre, le phénomène fait d’autres victimes, les témoins (les adultes, avec en premier lieu les parents mais également les professionnels qui interviennent en milieu scolaire, et les autres élèves), et bien souvent les auteurs eux-mêmes.

En quoi consiste le programme pHARE ?

S’il existait déjà des ressources pour traiter ces situations préoccupantes, pHARe est un programme d’une toute autre dimension, en ce qu’il s’adresse à l’ensemble de la communauté éducative dans les écoles et collèges et propose notamment une plateforme de ressources numériques.
Il s’agit donc de travailler sur le climat scolaire dans les établissements pour prévenir l’apparition des situations de harcèlement, les traiter plus simplement, et cela en impliquant également les élèves et parents dans le projet.

Quels sont les enjeux ?

  • Assurer la sécurité et le bien-être des élèves en agissant directement sur le climat scolaire
  • Doter toute écoles et collèges d’un plan de prévention structuré
  • Créer une communauté protectrice, formée, et engagée dans la lutte contre le harcèlement dans chaque établissement
  • Sécuriser les équipes pédagogiques en garantissant la traçabilité et la prévisibilité de l’action publique

Déploiement au niveau académique et différentes étapes du programme

Depuis la rentrée 2021, l’entrée dans le programme se fait progressivement. Tous les collèges et écoles seront impliqués en 2022.
Dans l’académie de Besançon, 12 circonscriptions sur 27 sont déjà engagées, avec une cinquantaine d’écoles (sur un millier) et une trentaine de collèges sur la centaine existant.
Un plan de formation est déployé à l’attention des équipes de 2021 à 2023, avec la mise en place d’un socle commun jusqu’en janvier 2022, puis l’identification des ajustements requis selon les spécificités des territoires concernés.

En pratique, lors de l’entrée dans le dispositif, les étapes sont les suivantes :

  1. Adhésion - charte d’engagement et passation de l’enquête locale climat scolaire (ELCS) proposée aux élèves, parents, et personnels.
  2. Mobilisation d’une équipe ressource intercatégorielle qui va réfléchir à la rédaction du plan de prévention et des protocoles de prise en charge des situations.
  3. Repérage d’une équipe programme pour les 10 heures d’apprentissages assurés aux élèves (cycle 2 à cycle 4).
  4. Implantation du dispositif "Ambassadeurs collégiens".
  5. Participation à la journée Non au harcèlement (NAH) au mois de novembre.
  6. Participation au concours NAH de février à mai.
  7. Participation au Safer Internet Day (SID) en février.
  8. Organisation d’ateliers de sensibilisation pour les familles et personnels.

Quel pilotage ?

Une des particularités du dispositif est d’avoir trois niveaux de pilotage :

  1. Un pilotage national au niveau de la mission de prévention des violences en milieu scolaire ( DGESCO ).
  2. Un pilotage académique avec trois superviseurs.
  3. Un pilotage local.

Les pilotes s’engagent dans le programme pour deux ans, il s'agit des IEN de circonscription pour le premier degré et des principaux de collèges pour le second degré.

Des numéros utiles

  • 3020, numéro d’écoute et de prise en charge au service des familles et des victimes : lorsque les situations de harcèlement sont repérées au cours de l’entretien téléphonique et avec l’accord des personnes concernées, elles sont alors transmises aux référents académiques et départementaux de l’Éducation nationale grâce à un outil sécurisé fourni par l’administration.
  • 0800 200 000 - Net écoute : ligne de soutien gratuite et anonyme, numéro vert national de prise en charge des victimes de cyberharcèlement à l’école.
  • 03 81 65 74 05 : au niveau académique, lepôle établissements et vie scolaire du rectorat de Besançon

Mise à jour : juin 2022